Les plaisirs de Nathalie

J'aime la vie, les gens, la nature, les animaux. J'aime la recherche.

Je suis étudiante en hypnose. J'ai fini mon cours de PNL et je suis enfin maître pénéliste.


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mercredi 3 mars 2010

Métaphore - Tout est dans la perspective


Un jour, le père d'une famille très riche partit avec son fils dans la campagne, pour lui donner une leçon de vie. Il voulait lui faire voir comment les gens pauvres vivaient.

Ils passèrent donc quelques jours auprès d’une famille très pauvre. À leur retour son père lui demanda:

- As-tu aimé ton voyage ?
- Oui papa.

- As-tu remarqué comment vivaient les pauvres gens ?

- Oui papa.
- Alors dis-moi ce que tu as appris de ce voyage.

Son fils lui répondit :

- J'ai vu que nous avons un chien; eux, ils en ont quatre.

- Nous avons une piscine au milieu du jardin; eux, ils ont un lac sans fin.

- Nous avons des lampes importées pour le patio pour nous éclairer la nuit; eux, ils ont les étoiles et la lune pour les éclairer.

- Nous avons un petit lotissement de terre; eux, ils ont des champs à perte de vue.

- Nous avons des domestiques pour nous servir; eux ils s'entraident.

- Nous achetons notre nourriture; eux ils la font pousser.

- Nous avons un mur tout autour du terrain pour nous protéger; eux, ils ont les amis pour les protéger....

Le père était sans voix.

Et son fils ajouta...

Merci papa de me montrer combien nous sommes pauvres !

mardi 23 février 2010

La métaphore des deux loups intérieur


Un homme âgé dit à son petit-fils, venu le voir très en colère conte un ami qui s'était montré injuste envers lui :

« Laisse-moi te raconter une histoire… Il m'arrive aussi parfois de ressentir de la haine contre ceux qui se conduisent mal et n'en éprouvent aucun regret. Mais la haine t'épuise et ne blesse pas ton ennemi. C'est comme avaler du poison et désirer que ton ennemi en meure. J'ai souvent combattu ses sentiments ».

Il continua :
« c'est comme si j'avais deux loups à l'intérieur de moi : le premier est bon et ne me fait aucun tort. Il vit en harmonie avec tout ce qui l'entoure et ne s'offense pas lorsqu'il n'y a pas lieu de s'offenser. Il combat uniquement lorsque c'est juste de le faire, et il le fait de manière juste. Mais l'autre loup, ah, il est plein de colère. La plus petite chose le précipite dans des accès de rage. Il se bat contre n'importe qui, tout le temps, sans raison. Il n'est pas capable de penser parce que sa colère et sa haine sont immenses. Il est désespérément en colère et pourtant sa colère ne change rien. Il est parfois si difficile de vivre avec ces deux loups à l'intérieur de moi parce que tous deux veulent dominer mon esprit ».

Le garçon regarda attentivement son grand-père dans les yeux et demanda :
« lequel des deux l'emporte, grand-père ».

Le grand-père sourit et répondit doucement : « celui que je nourris ».

vendredi 19 février 2010

La métaphore des jeunes voyageurs et du sage


Il était une fois, un vieil homme assis à l’entrée d’une ville du Moyen Orient. Un jeune homme s’approcha et lui demanda
« Je ne suis jamais venu ici, comment sont les gens qui vivent dans une ville ? »

Le vieil homme lui répondit par une question :
« Comment étaient les gens dans la ville d’où tu viens ? »
« Égoïstes et méchants... C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’étais bien content de partir » dit le jeune homme.
Sur quoi, le vieillard répondit : « Tu trouveras les mêmes gens ici ».

Un peu plus tard, un autre jeune homme s’approcha et lui posa exactement la même question.
« Je viens d’arriver dans la région, comment sont les gens qui vivent dans cette ville ? »
« Dis-moi, mon garçon, comment étaient les gens dans la ville d’où tu viens ? »
« Ils étaient bons et accueillants, honnêtes, j’y avais de bons amis, j’ai eu beaucoup de mal à la quitter », répondit le jeune homme.
« Tu trouveras les mêmes ici » répondit le vieil homme.

Un marchand qui faisait boire ses chameaux à côté avait entendu les deux conversations. Dès que le deuxième jeune homme s’éloigna, il s’adressa au vieillard sur un ton de reproche : « Comment peux-tu donner deux réponses complètement différentes à la même question posée par deux personnes ? »
« Mon cher monsieur, dit le vieil homme, celui qui ouvre son cœur change aussi son regard sur les autres. Chacun porte son univers dans son cœur ».

mardi 19 janvier 2010

La métaphore des ballons noirs



Un jour, un petit garçon noir regarda un marchand de ballons dans la rue. Ses yeux brillèrent. Il y a des ballons de toutes les couleurs : des rouges, des bleus, des blancs, des noirs, et des jaunes ! Quel magnifique spectacle pour cet enfant émerveillé par tant de couleurs et de ballons.

Le vendeur de ballons, âgé, aperçu le garçon, yeux grands ouverts et bouche bée, hésitant qui fini par s’approcher du vendeur.

« Dis Monsieur, est-ce que les ballons noirs volent aussi haut que les autres ? »

L’homme ridé et ému par une telle innocence, s’accroupit et prit le garçonnet dans ses bras pour l’installer sur un muret juste derrière lui.
Il répliqua : « Regarde » Il ouvrit la main pour laisser échapper tous ses ballons qui s’envolèrent en grappe pour se disperser dans le ciel au gré du vent.
Et les ballons montèrent, montèrent,… tellement haut et tellement loin qu’ils ne les virent plus.

« Tu as vu ? », lui demanda le vieillard.

« Oui », acquiesça le garçonnet émerveillé.

« Est-ce que les ballons noirs sont montés aussi haut que les autres ? »

« Oui Monsieur ! » répondit l’enfant dont les yeux brillaient de mille feux.

« Tu vois, mon garçon, les ballons, c'est comme les hommes. L'important ce n'est pas leur couleur, ce n'est pas l'extérieur. Non, l'important, c'est CE QU'IL Y A EN EUX. C'est ce qu'il y a en toi qui fera toute la différence dans ta vie. »

Le garçonnet devenu adulte n’oublia jamais cette leçon de vie incroyable : il était comme les autres, il était capable des mêmes exploits que les autres !

lundi 2 novembre 2009

La course de grenouilles


Une fois par an, dans le monde des grenouilles, une course était organisée.
Tous les ans cette course avait un objectif différent. Cette année là, il fallait arriver au sommet d’une vieille tour.
Toutes les grenouilles de l’étang se rassemblèrent pour les voir et les encourager.
Et la course commença …
Une fois la course engagée, les grenouilles ne croyaient pas possible que les concurrents atteignent la cime de la tour.

Et toutes les phrases que l’on entendit furent :

« Impossible ! Elles n’y arriveront jamais ! » ou
« leur physionomie ne leur permet pas d’y arriver ! »,
« elles vont se dessécher avant d’y arriver »,…

Les grenouilles commencèrent à se décourager les unes après les autres.
Toutes, sauf quelques unes qui, courageusement, continuèrent à grimper.

Et les gens continuèrent à crier :

« Vraiment pas la peine ! Personne ne peut y arriver, regarde, elles ont presque toutes abandonné ! »

Et les dernières grenouilles s’avouaient vaincues, sauf une qui continuait de grimper envers et contre tout.
Seule et au prix d’un énorme effort, atteignit la cime de la tour…
Les autres, stupéfaites, voulurent savoir comment elle y était arrivée.
L’une d’entre elles s’approcha pour lui demander comment elle avait réussi l’épreuve
Et elle découvrit …
Qu’elle était sourde !

Notre entourage est composé de gens qui, à leurs yeux, jugent nos défis et changements impossible. Ne les écoutez pas. Ils ont probablement l’habitude d’être négatifs et se contentent de la vie qu’ils mènent et projettent leur vie et leurs échecs sur la vôtre. Ils volent les meilleurs espoirs de votre cœur. Mais ce qui est profondément ancré et intégré dans votre cœur, vous appartient, ne vous laissez pas décourager par des conseils destructeurs, saboteurs et paralysants.

Rappelez-vous du pouvoir qu’ont les mots que vous entendez, dites ou que vous lisez !
Soyez toujours sourd quand quelqu’un vous dit que vous ne pouvez réaliser vos rêves !

Belle course à tous !

samedi 17 novembre 2007

Le ruisseau qui donna vie au désert



Il était une fois une princesse qui, comme toutes les vraies princesses, vivait dans un château. Mais là s'arrête la ressemblance. Le château de la princesse était sombre, humide et mourant. Depuis plusieurs années déjà, la princesse vivait dans la grisaille d'un interminable automne sans éclat, sans lustre. Seule la pluie, lourde et monotone, visitait parfois son royaume.

Il faut dire qu'il n’en avait pas toujours été ainsi. Du moins la princesse croyait-elle se souvenir d'une époque lointaine où la pluie était une visiteuse agréable, enjouée, qu’elle accueillait avec plaisir. Elle adoucissait la hardiesse du soleil ; elle caressait de sa fraîche écharpe le visage brûlant de son enfance. Parfois même, dans les nuits noires sans étoiles, la pluie martelait une envoûtante chanson contre les murs et le toit du château. En ce temps-là, les saisons elles-mêmes alternaient. Chacune demeurait juste le temps qu'il fallait pour qu'elle en jouisse pleinement, et chacune poursuivait sa route avant qu'elle ne la trouve trop longue.

Mais un matin, à son réveil, la princesse sentit que quelque chose avait changé. Le soleil avait abandonné le château. L'automne s'était installé, sans fin, un automne gris qui ne laissait même plus espérer l'hiver.

Tout avait commencé le jour où le ruisseau se tut, ne sachant plus rire, l'ayant, semble-t-il, oublié. Sans que personne n'y puisse rien, sans même que personne ne s'en aperçoive, le ruisseau était tombé gravement malade. Certes, au tout début, la princesse avait remarqué qu’il coulait moins rapidement. Cette année-là, le printemps ne l’avait pas gonflé, comme à l’accoutumée... Mais ça s’arrangerait bien tout seul. Après tout, c’est une chose qui arrive, dans la vie d’un ruisseau.

Or, cet été-là, les arbres qui habitaient son rivage n'abritèrent que quelques rares oiseaux de passage. Les abords du ruisseau se firent de plus en plus silencieux. Peu d'arbres survécurent à l’hiver glacial qui suivit. Au printemps, le ruisseau refusait de quitter son lit. C'est à peine si son dos frissonnait lorsqu'un vent perdu, ou plus aventureux, arrêtait le saluer. Et maintenant, il n'était plus qu'un mince et faible cours d'eau boueux, dans lequel ne vivait aucun poisson.

Le plus étrange, c’est que la princesse se mit à dépérir en même temps que son ruisseau. Tout d'abord, discrètement, imperceptiblement. Puis, leur sort ne fit plus qu'un. Les premiers temps, dès qu'elle en avait le loisir, elle soignait son ruisseau. Elle nettoyait ses rives, enlevait les obstacles sur son chemin, creusait son lit. Elle s'était même fâchée contre lui, et l'avait sermonné, longuement. En vain. Le temps passait. La princesse pâlissait et perdait son éclat. Elle ne savait plus rire, ni chanter. Elle comprit alors que, comme son ruisseau, elle aussi était malade, et qu'elle se mourait. Elle vint alors de plus en plus souvent tenir compagnie à son ruisseau, s'asseoir sur ses bords, marcher à ses côtés. Elle écoutait sa plainte, et y reconnaissait l'écho d’une douleur qui surgissait en elle.

Elle apprit ainsi que son ruisseau était tombé malade à la suite d'une entente intervenue entre elle et son voisin, le roi. Pour protéger ses terres des crues imprévisibles et dévastatrices du ruisseau, le roi avait érigé une muraille entre leurs deux royaumes. Ni le roi ni la princesse n'avaient prévu que, mystérieusement, le ruisseau ne trouverait d'autre lieu où déverser ses eaux. Faute de cet espace vital, il avait réprimé ses élans. Mais depuis, il dépérissait de ne pas couler librement.

Après cette découverte, la princesse alla trouver le roi, et le mit au courant de la situation. Le roi, qui affectionnait la princesse, vit tout de suite que quelque chose n'allait pas. La princesse avait maigri. Quelque mal intérieur semblait la ronger, et la vidait de ses forces. Mais que faire? Il n’était plus possible de laisser le ruisseau courir à sa guise, et dévaster ses terres. Pas question, non plus, de laisser mourir la princesse et son ruisseau. Le roi était un homme très bon. Il promit d'y réfléchir, très sérieusement, et de demander leur avis à ses conseillers. La princesse savait qu'elle pouvait compter sur lui. Elle retourna chez elle, le coeur un peu moins lourd.

Quelques jours plus tard, le roi vint visiter la princesse, et lui soumit son projet. Si le ruisseau acceptait de contenir ses crues, le roi ouvrirait une brèche dans la muraille, et il lui accorderait un droit de passage sur ses terres. Mais finis les débordements, les sursauts d'impétuosité qui saccageaient tout ! Le ruisseau devrait accepter de couler paisiblement sur les terres du roi, sans quitter le sentier qu'il lui aménagerait. Évidemment, hors de ses terres, il pourrait agir comme bon lui semblerait.

Le projet plut à la princesse. Oh, ce ne serait pas la vie insouciante et libre dont un ruisseau pouvait rêver ! Mais au moins son ruisseau aurait l'occasion de reprendre vie, de revoir d’autres cieux. Peut-être même le soleil reviendrait-il alors dans son royaume ? Et qui sait ? Au-delà des terres du roi, une nouvelle vie attendait peut-être le ruisseau, et compenserait les sacrifices auxquels elle lui demanderait de consentir, pour garantir leur survie... Le ruisseau promit de se soumettre, et de respecter les conditions du roi. Et il se mit à espérer.

Et la princesse reprenait vie, en même temps que son ruisseau. Déjà les couleurs refaisaient surface sur son visage. Elle se promenait très souvent avec son ruisseau, et tous deux rêvaient de journées ensoleillées, d'eau limpide, de cascades joyeuses.

Vint enfin le grand jour. Une fois terminée l'aménagement du sillon qui traversait ses terres, le roi creusa une ouverture dans la muraille. Lentement, le ruisseau gonflait ses eaux. A l'invitation du roi et de la princesse, il s'engageait dans la fente. L'espace, les champs, le soleil, les oiseaux, le sable : une nouvelle vie l'attendait de l'autre côté du mur, qui l'attirait profondément. Après tout, couler, c'est toute la vie d'un ruisseau ! Il se lova un long moment dans la chaleur des roches, et s'ouvrit à la lumière depuis longtemps perdue.

Mais, au-delà de la muraille, le ruisseau ne sentit pas la terre fraîche qu'il convoitait. De l'autre côté du mur, son eau était recueillie dans un sillon froid, dur, et lisse: le sillon était en ciment. Et c'est ainsi que le ruisseau devint canal... Mais où était le contact vivifiant avec la terre ? Sans roches à contourner, sans racines à abreuver, sans sable à transporter, sans poisson à nourrir, que vaut la vie d'un ruisseau ? Un ruisseau qui n’irrigue aucun sol, est une eau inutile, et morte. Et le ruisseau qui avait espéré revivre, sentait sourdre en lui un désespoir sans fond.

Il réprima facilement les premiers sursauts de révolte. Ce n'était pas par méchanceté que le roi l'avait condamné à vivre enfermé dans ce canal de ciment. Il lui faudrait en prendre son parti. Le roi était bon, et il n'avait pu faire autrement.

En effet, le royaume du roi était une terre hospitalière. Le soleil y régnait sans tyrannie, les nuits y étaient agréables, et les saisons clémentes. Tout y était prévu, ordonné, agencé avec goût. Le désordre y avait une place, et avait été intégré à l'ensemble de façon harmonieuse. Même le caprice y était organisé de belle façon.

Quant au roi, c'était un homme juste, qui était fort apprécié de tous. Il était simple, avec grands et petits, et semblait infatigable à la tâche. Ses journées étaient occupées à l'administration de ses terres et de ses gens. Toujours présent et disponible, il conseillait avec douceur ceux qui venaient à lui. Tous savaient que leur roi était prêt à leur venir en aide, et qu'il trancherait leurs différents avec équité. Il se promenait avec fierté sur ses terres, et son regard était bienveillant. Calme, paisible, souvent enjoué, il régnait sur son royaume depuis longtemps, et tous répétaient que jamais royaume n'avait eu meilleur roi.

Et pourtant... Une longue habitude du royaume laissait deviner d'imperceptibles nuages. Sans que personne n'y puisse rien, dans ce royaume fait d'ordre et d'équilibre, où tous avaient suffisamment pour être heureux, ni le roi ni ses sujets n’étaient vraiment comblés. Il y manquait quelque chose. Parfois, le roi paraissait inquiet, triste, songeur. Plus que tous les autres, il ressentait profondément ce malaise sourd et sans raison qui fondait sur tous, certains jours où pourtant le soleil était radieux, et où le vent soufflait paisiblement sur les champs toujours fertiles. Mais peut-être était-ce là la condition normale de tous les royaumes. Personne ne s’en plaignait vraiment. Il en avait toujours été ainsi, de mémoire d'homme. Et comme la vie était tout de même fort agréable dans le royaume, chacun haussait finalement les épaules. Seul le roi s'inquiétait, et semblait miné...

Quelques années plus tôt, le ruisseau avait été à l'origine de nombreux ennuis, par ses sursauts et ses débordements imprévus. Or, sur les terres du roi, il ne manquait jamais d'eau, car le roi commandait à toute l'eau de son royaume. Il avait apprivoisé les rivières, et les sources ne coulaient que pour répondre aux besoins du moment. Seul le ruisseau était demeuré indomptable. Et les terres du roi n’avaient nul besoin de ce surplus d'eau, qui n’apportait qu'inondation et dégâts.

Parfois, le roi se promenait avec la princesse. Celle-ci le menait sur les bords de son ruisseau. Le roi jetait alors un coup d'oeil attentif au ruisseau, et compatissait à sa douleur. Une fois même, il avait trempé ses mains dans l'eau claire et fraîche. Il la trouvait douce et bonne à regarder. Le ruisseau respirait mieux, lorsqu'il sentait le plaisir du roi. Mais il se rappelait aussitôt que le roi n’avait nul besoin de lui. À quoi pourrait lui servir un ruisseau qui n'était toléré qu'à la condition de traverser ses terres sans s'y mêler, sans s'infiltrer en elles ? Ici, le ruisseau serait toujours de trop...

Et la princesse se maquillait, pour cacher sa pâleur. Comme son ruisseau, elle survivait, mais sans élan. Elle ne pouvait demander davantage au roi. Que lui demander, d'ailleurs ? Malgré son empire sur les eaux de son royaume, il ignorait tout des ruisseaux. Surtout qu'ils sont vivants... Il avait, malgré cela, accordé asile à son ruisseau, et avait creusé pour lui ce sillon. Ce n'était pas de sa faute si le ruisseau se sentait emprisonné dans les limites qui lui étaient fixées. Que pouvait faire le roi d'un ruisseau qui, non content de couler sous le soleil, exigeait d'être utile, et rêvait de devenir eau vive ?

Le soir, la princesse écoutait silencieusement la complainte de son ruisseau, lorsque seules la lune et les étoiles partageaient sa peine. Et c'était pour elle une torture de ne pouvoir le soulager.

Un jour qu'elle était triste, affligée et accablée de la souffrance de son ruisseau, la princesse alla se promener sur les terres du roi. Elle s'engagea au hasard dans un chemin qu'elle ne connaissait pas, et marcha longuement. Perdue dans sa douleur, elle avançait sans regarder, sans voir où elle allait. Lorsque son chemin se fit trop difficile, elle réalisa à sa grande surprise qu'elle était dans une forêt sombre, sauvage, où elle ne progressait qu'avec peine. Avait-elle quitté les terres du roi ? Jamais personne ne lui avait parlé de cette forêt non entretenue. Il était impensable qu'un tel lieu pût encore exister, dans le royaume de son voisin.

À force d'efforts patients et tenaces, la princesse traversa la forêt et déboucha sur une clairière aride, désertique. À perte de vue, il n'y avait que terre morte, où ne soufflait aucun vent, où rien ne poussait. Le soleil y brûlait tout. Quelques rivières avaient déjà vécu, ici : les cadavres depuis longtemps desséchés de leurs lits en témoignaient. Mais plus rien ne survivait, maintenant.

C’est alors qu'elle entendit un gémissement sourd. Et elle aperçut son ruisseau. Il s'était fait une route à travers la forêt, et venait inlassablement se jeter sur les bords de ce désert, mince filet d'eau écorché par la chaleur torride, et par le soleil de feu.

« Je veux donner vie à cet endroit », lui dit son ruisseau. « Peut-être qu'à la longue, quelque chose naîtra ici, qui réjouira le coeur du roi. Peut-être alors pourra-t-il vraiment m'accueillir. Et moi, je serai enfin un ruisseau vivant, qui porte fruit, qui arrose, qui nourrit... »

La princesse le supplia d'abandonner ce lieu où la mort semblait la seule issue. Mais il lui répliqua qu'ici était sa place, et qu'il ne partirait pas. Ici il revivrait, ou il mourrait. Et la princesse dut le laisser. Elle retourna chez elle, attristée de cette tâche impossible qu'il s'était donnée. Elle revint dans son château, et se prépara à accueillir la mort qui lui viendrait en même temps qu'à son ruisseau.

Les semaines suivantes, la princesse demeura couchée. Elle était malade, fiévreuse, et semblait se vider de ses forces. Impuissants, les médecins du roi la voyaient mourir, sans rien y comprendre. Ils avouèrent leur incapacité à la soigner. Le roi vint tous les jours lui tenir compagnie. Il faisait tout en son pouvoir pour la soulager, et rendre plus agréables ses derniers jours. Parfois, la princesse ouvrait les yeux, et souriait tristement. Elle le remercia de son amitié. Mais, lui dit-elle, il n'y avait plus rien à faire... Elle sombra dans un sommeil étrange. Tous les efforts du roi pour l'en sortir furent inutiles.

Puis ses nuits se firent paisibles. Elle ne semblait plus tourmentée, déchirée ; la fièvre qui l'avait brûlée disparut. Elle revint à elle, et se remit à boire, à manger. Bientôt, elle put même se lever. Un matin, le roi la trouva souriante, débordante de joie. Elle lui fit bon accueil, et promit de tout lui expliquer, sous peu. Tandis que les forces revenaient à la princesse, le roi s'aperçut qu'il changeait, lui aussi. Ses épaules semblaient se décharger d'un fardeau dont il n'avait pourtant jamais pris conscience. Et son coeur devenait plus léger...

Un bon matin, la princesse lui parla de la forêt qu'elle avait traversée sur ses terres, et dont il ignorait l'existence. Elle lui demanda de l'y accompagner. Chemin faisant, le roi s'aperçut qu'elle était située au coeur même de son royaume. Comment avait-elle pu naître et croître ici, sans que jamais personne ne la rencontre ? On aurait dit que, pour se protéger du roi, la forêt s'était faite invisible à tous. Seule la princesse, guidée par la tendresse qui la liait à son ruisseau, y avait été acceptée. Elle était la seule à avoir vu cette clairière où il luttait pour donner vie au désert.

Cette fois-ci, la traversée de la forêt fut plus aisée. Elle était toujours aussi dense, mais elle semblait s'ouvrir d'elle-même devant le roi et la princesse. Elle les mena ainsi jusqu'à la clairière. Jamais paysage ne réjouit davantage le coeur de la princesse. Son ruisseau coulait paisiblement dans une vallée verdoyante. Des poissons jouaient dans ses eaux. Dans le bruissement des feuilles d'arbres, des oiseaux de toutes les couleurs mêlaient leur chant.

Et le ruisseau leur dit comment il avait vaincu le désert. Les premières semaines, il s'était épuisé à lutter contre le soleil. Puis, il comprit. Le soleil n'était pas son ennemi. L'affrontement ne servait à rien. Redonner vie à cet endroit constituait leur but commun. Et pour cela, ils avaient besoin l'un de l'autre. C'est alors que le ruisseau, pour la deuxième fois dans sa vie, abandonna la chaleur et la lumière du soleil. Mais cette fois-ci, il choisissait de le faire. Il lui fallait apprivoiser la noirceur de la terre. Il creusa le sol, et s'engouffra sous la terre brûlante. Lentement, il accumula ses eaux en un grand lac souterrain. En l'accueillant, la terre retrouva son humidité. Saturée d'eau en profondeur, elle réapprit à se protéger du soleil trop brûlant. Les premières vapeurs s'élevaient du sol. Comme un complice qui n'espérait que cela, le soleil prit plaisir à attirer à lui l'humidité neuve. Et la première pluie vint célébrer leurs retrouvailles, leur alliance fertile. Et le désert reculait devant eux.

Puis la princesse devint reine, aux côtés du roi. Le royaume trouva enfin la plénitude qui lui manquait, et le soleil revint au château de la princesse. Au coeur de leurs deux royaumes maintenant réunis, le ruisseau se répandit en un grand lac joyeux, où retentissaient les cris des ébats de leurs enfants. Et ils vécurent sereins, en paix avec la nature et les hommes, dirigeant leur royaume avec douceur et fermeté, jusqu'à un âge fort avancé. À leur demande, on les enterra, côte à côte, sur les bords de leur ruisseau.

C'était une radieuse journée d'automne. Et cette nuit-là, la pluie célébra dans tout l'univers, la légende d'un roi, d'une reine, et du ruisseau qui avait redonné vie à leur désert.

Carole Proulx, philosophe et maître praticienne en PNL